6-10 juillet 2026, deuxième visite d'études du projet IPTICAR à Strasbourg
Du 6 au 10 juillet 2026, l'Université de Strasbourg a accueilli une délégation de huit participants algériens pour la deuxième visite d'études du projet IPTICAR à Strasbourg. Une semaine dense, tout entière tournée vers une conviction : l'internationalisation se pilote grâce à une stratégie numérique claire, un fonctionnement en réseau et une gouvernance par la donnée.
Issus des trois conférences régionales (Est, Centre et Ouest) et représentant les établissements pilotes et les cellules locales d'internationalisation, les participants sont venus comprendre comment une grande université pluridisciplinaire transforme un besoin institutionnel en indicateur, en tableau de bord et en outil numérique durable, puis nourrir la réflexion en cours sur un cahier des charges adapté au contexte algérien.
Une stratégie numérique, colonne vertébrale de l'internationalisation
Le premier fil rouge de la semaine a été la place structurante du numérique. À travers la Direction du numérique (DNUM), la délégation a suivi tout le cycle qui va du besoin métier à la solution : formalisation et priorisation des besoins, cahier des charges fonctionnel et technique, architecture des systèmes d'information, interopérabilité des applications, gestion des droits d'accès, sécurité et conformité au RGPD. Un message est revenu avec insistance : un outil numérique n'a de valeur que s'il est pensé dès l'origine pour être maintenu, sécurisé et pérenne. La sobriété, l'évolutivité et la protection des données ne sont pas des options, mais des conditions de départ.
Côté métier, la Direction des relations internationales (DRI) a montré comment cette stratégie numérique se traduit concrètement dans la gestion des accords, des projets et des mobilités entrantes et sortantes, avec des outils comme MoveON, ESCI ou encore Smile+, développé avec l'Unistra comme établissement pilote. Un exemple parlant de la manière dont un besoin de terrain devient une fonctionnalité partagée, à condition d'une coopération étroite entre services métiers et équipes numériques.
Piloter par la donnée : de l'information à la décision
Deuxième axe fort : la culture de la donnée, incarnée par la Direction du pilotage et de l'amélioration continue (DPAC) et l'outil Pilotage. Les participants ont vu comment se construit un dispositif de pilotage stratégique : choix des indicateurs pertinents, collecte et consolidation, fiabilisation et traçabilité, visualisation dans des tableaux de bord, jusqu'aux alertes d'aide à la décision. L'idée directrice, passer d'une internationalisation fragmentée à une internationalisation structurée, pilotée et évaluée, suppose de traiter la donnée comme un actif institutionnel : qui la produit, qui la valide, qui la met à jour, qui en rend compte.
Cette exigence de qualité et de gouvernance de la donnée rejoint directement les ambitions d'IPTICAR : doter les cellules locales d'indicateurs communs et de tableaux de bord partagés pour suivre les mobilités, les partenariats et les projets internationaux, et alimenter à terme un pilotage national cohérent, du niveau établissement jusqu'au MESRS.
Un fonctionnement en réseau, condition de la durabilité
Troisième enseignement de la semaine : aucun outil ne survit sans le réseau qui le fait vivre. La pérennisation d'une solution numérique repose sur une animation continue, approche centrée sur les usages, tests et accompagnement, documentation, formation, maintenance, portée par un réseau de référents métiers et numériques répartis entre les établissements. C'est cette logique de communauté de pratique, articulant administration centrale, composantes, cellules locales et services techniques, qui permet de dépasser le cadre du projet et d'ancrer durablement les compétences.
Une journée dédiée à l'intelligence artificielle
Temps fort de la semaine, le mercredi 8 juillet a été consacré à la Journée IA de l'Université de Strasbourg. Conférences et ateliers ont permis d'explorer les usages de l'IA au service de l'internationalisation, veille internationale, analyse des partenariats, cartographie des opportunités de financement, aide à la décision et automatisation du reporting, sans jamais perdre de vue le cadre éthique, juridique et organisationnel indispensable à un usage responsable dans l'enseignement supérieur.
Cap sur la webapp IPTICAR et l'après-projet
Ces trois dimensions, stratégie numérique, pilotage par la donnée et fonctionnement en réseau, convergent vers un même livrable : un cahier des charges consolidé pour les outils de gouvernance adaptés aux établissements algériens, au premier rang desquels la webapp IPTICAR. Les échanges ont nourri la réflexion sur ses fonctionnalités, sa base de données, ses tableaux de bord, sa maintenance et sa reprise par le MESRS après la clôture du projet.
En reliant la donnée, les outils et le réseau, cette deuxième visite d'études transforme une dynamique de projet en capacité institutionnelle durable, et pose les jalons d'une architecture nationale de pilotage de l'internationalisation appelée à vivre bien au-delà d'IPTICAR.

