Du 23 au 28 novembre 2025, une délégation algérienne du projet IPTICAR a été accueillie à l’Université de Strasbourg pour une visite d’étude consacrée à l’innovation académique, à l’entrepreneuriat, aux clusters, à l’écologie industrielle, à l’internationalisation et à la professionnalisation.
Cette semaine d’immersion a permis aux participants de découvrir plusieurs dispositifs français et européens, d’échanger avec une grande diversité d’acteurs et d’identifier des pistes d’adaptation au contexte des établissements algériens.
Une visite d’étude au service du renforcement des établissements algériens
Organisée dans le cadre du jumelage institutionnel IPTICAR, cette première visite d’étude a réuni à Strasbourg des responsables algériens de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Elle avait pour ambition de favoriser le partage d’expériences entre institutions algériennes et françaises, tout en donnant aux participants l’occasion d’observer concrètement le fonctionnement d’un écosystème universitaire fortement connecté à la recherche, à l’innovation, à l’entrepreneuriat et au monde socio-économique.
La semaine a été structurée autour de cinq grandes thématiques : l’innovation académique et l’entrepreneuriat, l’écologie industrielle, les clusters et les écosystèmes territoriaux, les financements européens, ainsi que l’organisation de la coopération internationale et de la professionnalisation au sein d’une université européenne.
Innovation académique, entrepreneuriat et valorisation de la recherche
La première journée de travail, organisée à l’ENGEES, a permis à la délégation de découvrir plusieurs dispositifs régionaux d’accompagnement de l’innovation.
Les échanges avec la SATT Conectus Alsace, l’incubateur SEMIA et Pépite ETENA ont notamment permis de mieux comprendre la complémentarité entre la valorisation des résultats de la recherche, l’incubation de projets innovants et l’accompagnement de l’entrepreneuriat étudiant.
Les participants ont également été sensibilisés à l’importance des référentiels de compétences, de l’ingénierie pédagogique et des mobilités internationales dans la construction d’une offre de formation adaptée aux évolutions du marché du travail.
Cette première séquence a mis en évidence la nécessité, pour les universités, de structurer des dispositifs permettant d’accompagner les étudiants, les chercheurs et les porteurs de projets, depuis l’émergence d’une idée jusqu’à sa valorisation économique ou sociale.
Écologie industrielle et coopération entre acteurs du territoire
La Journée européenne de l’écologie industrielle a constitué l’un des temps forts de la visite.
Universités, entreprises, administrations publiques, réseaux professionnels et acteurs de la transition écologique se sont réunis pour échanger sur les modèles de coopération interentreprises, l’économie circulaire et le développement durable des territoires.
Une conférence introductive, des témoignages d’acteurs européens, une table ronde et un Village de l’écologie industrielle ont permis d’illustrer la diversité des parties prenantes impliquées dans ces dynamiques.
Le projet européen INSET a également été présenté comme un exemple de coopération transnationale pouvant inspirer le développement de dispositifs similaires en Algérie, notamment dans les domaines de la formation, de la symbiose industrielle et de l’accompagnement des évolutions économiques et environnementales.
Les échanges ont montré que les universités peuvent jouer un rôle central dans la mise en relation des entreprises, des collectivités, des chercheurs et des acteurs de la formation autour de problématiques territoriales communes.
Clusters, innovation territoriale et financements européens
La visite d’étude a également permis d’aborder le rôle des clusters dans la structuration des écosystèmes régionaux.
La présentation du Pôle Véhicule du Futur a montré comment un cluster peut mettre en relation entreprises, universités, centres de recherche et pouvoirs publics autour de projets d’innovation, de mobilité durable et de développement industriel.
Les échanges ont souligné l’importance du maillage territorial, de la mise en réseau des compétences et de l’implication des entreprises dans la définition des stratégies de recherche, de formation et d’innovation.
Une séquence spécifique a par ailleurs été consacrée au programme européen LIFE et aux dispositifs d’accompagnement permettant aux établissements de développer des projets liés à la transition écologique et à l’innovation territoriale.
Ces rencontres ont invité les participants à réfléchir aux formes de partenariats pouvant être développées entre les universités algériennes et les acteurs socio-économiques de leurs territoires : entreprises, collectivités, clusters, incubateurs, associations et structures d’accompagnement.
Structurer la coopération internationale au sein des universités
La délégation a ensuite été accueillie par la Direction des relations internationales de l’Université de Strasbourg.
Cette journée a permis de découvrir l’organisation d’une direction spécialisée dans les mobilités, les partenariats, les projets européens et la coopération institutionnelle.
Les participants ont également échangé avec le Pôle Projets Europe et International sur les mécanismes permettant de connecter les chercheurs, les entreprises, les collectivités et les institutions publiques.
Ces rencontres ont nourri la réflexion engagée dans le cadre d’IPTICAR sur la structuration de cellules locales dédiées à l’internationalisation, au montage de projets et à l’innovation au sein des établissements algériens.
Elles ont également rappelé que l’internationalisation ne repose pas uniquement sur la mobilité des étudiants et des personnels. Elle suppose une organisation institutionnelle, des compétences spécialisées, des outils de pilotage, une stratégie partenariale et une capacité à mobiliser l’ensemble de la communauté universitaire.
Des liens renforcés entre les participants algériens
Les visites d’étude ne servent pas seulement à découvrir les pratiques d’un établissement ou d’un pays partenaire. Elles constituent également des espaces privilégiés de rencontre, de dialogue et de coopération entre les participants algériens eux-mêmes.
La semaine passée à Strasbourg a permis à des responsables issus de différents établissements, régions et environnements professionnels de mieux se connaître, de confronter leurs expériences et de constater qu’ils partageaient de nombreux enjeux.
Les temps de travail, les visites, mais aussi les échanges plus informels, ont contribué à créer des liens durables et à faire émerger une véritable communauté de pratiques.
Cette mise en réseau est essentielle pour la suite du projet IPTICAR. Elle doit permettre aux établissements algériens de mutualiser leurs expériences, de partager leurs outils, de valoriser leurs réussites et de développer ensemble de nouvelles coopérations.
De l’observation à la mise en œuvre et à la transmission
Au-delà de la découverte des dispositifs strasbourgeois, cette visite d’étude avait une vocation résolument opérationnelle.
Les membres de la délégation sont repartis en Algérie avec une mission claire : mettre en pratique les enseignements de la semaine, développer des partenariats avec les acteurs socio-économiques de leurs territoires et partager leur expérience avec leurs collègues.
Il ne s’agit donc pas seulement de reproduire les dispositifs observés à Strasbourg, mais d’en retenir les principes utiles et de les adapter aux réalités, aux priorités et aux ressources de chaque établissement algérien.
Cette dynamique repose également sur la transmission. Chaque participant est appelé à devenir un relais au sein de son établissement et, plus largement, au sein de l’écosystème algérien de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Cette fonction de relais est déjà pleinement incarnée par certains participants, à l’image de Sofiane Boudelia, qui joue un rôle particulièrement actif dans le partage des connaissances et la diffusion des acquis du projet. Par son engagement auprès de ses collègues, il contribue à une véritable démarche de formation des formateurs et à l’appropriation collective des outils et méthodes présentés dans le cadre d’IPTICAR.
Cette capacité à transmettre, à fédérer et à accompagner d’autres professionnels constitue l’une des principales conditions de la pérennité du projet.
Construire une dynamique durable
Les différents échanges doivent désormais contribuer à l’élaboration de feuilles de route, à l’identification de futurs projets Erasmus+ et à la formulation de propositions relatives à la structuration de cellules internationales, de cellules projets et d’unités dédiées à l’innovation et à l’entrepreneuriat.
Ils doivent également favoriser la mise en œuvre de partenariats concrets entre les universités algériennes, les entreprises et les autres acteurs de leurs territoires.
La visite s’est achevée par un travail de synthèse consacré aux priorités de coopération entre les institutions algériennes et l’Université de Strasbourg, notamment dans les domaines de l’internationalisation, de l’innovation, de la professionnalisation et des clusters.
Cette semaine a ainsi permis de renforcer les liens entre les partenaires du jumelage, mais également entre les participants algériens. Elle a consolidé une vision partagée : celle d’universités ouvertes sur leur environnement, capables de mobiliser leurs partenaires, de transmettre les compétences acquises et de jouer un rôle moteur dans le développement économique, scientifique et territorial.

